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 4 000 years ~ PV Secrétaire-Chan.

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Hiraku Takada
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MessageSujet: 4 000 years ~ PV Secrétaire-Chan.   Dim 4 Jan - 21:16


    Hiraku entendit la porte de la Suite se fermer et soupira longuement. Voilà, encore un qui venait de partir. Content de sa soirée, l’Homme s’était contenté de prendre une douche, se rhabiller, et de filer rapidement. Encore un qui avait précisé au jeune Hôte qu’il ne « fallait pas que ça se voit », sous-entendant par là qu’il était marié et qu’aucune trace de cette nuit ne devait subsister sur son corps. Oh, Hira avait l’habitude ! La plupart des hommes qui venaient ici ne demandaient que cela.
    Le jeune homme se leva et constata qu’il était tout endoloris. Ce type là -il avait déjà oublié son nom - en était de toute évidence à sa première expérience homosexuelle. Ou alors il était vraiment nul à chier, parce qu’Hiraku sentait anormalement le bas de son dos. Il grimaça et s’étira légèrement, faisant craquer ses articulations. Nu, sa peau pâle exposée aux faibles rayons du soleil, il se dirigea vers la salle de bain et prit rapidement une douche avant de rejoindre sa propre chambre, une serviette autour de la taille. Pudique ? A quoi bon, la moitié des hommes gays et bisexuels de Tokyo avaient vu son corps - voire même bien plus que le voir. Il croisa quelques hôtes, quelques clients qui repartaient, ignorant leurs regards sur son torse finement musclé.

    Hiraku entra dans sa chambre et sécha rapidement ses cheveux avant de se diriger vers son armoire. Là, il n’hésita que très brièvement et enfila un boxer noir avant d’opter pour un jean slim bleu pétrole puis une chemise blanche qu’il ne boutonna pas jusqu’en haut. Il passa une veste sur ses épaules, un trois quart noir qui mettait sa silhouette en valeur. Il vérifia rapidement que ses cigarettes étaient dans la poche de sa veste et sortit de sa chambre. Il n’avait pas faim et s’ennuyait fermement. A cette heure-ci, Kowashi devait être en train de grappiller quelques heures de sommeil, Thao… eh bien peut-être qu’il dormait aussi, ou alors il travaillait déjà. Et Hiraku n’avait pas vraiment envie d’aller traîner avec les hôtes. Bref, que faire ? Lorsqu’il n’avait personne à embêter, le jeune homme s’ennuyait fermement.

    Presque inconsciemment, il prit la direction du grand jardin emménagé par les plus grands paysagistes sous la demande de Thao. Hiraku adorait cet endroit. S’y promener et s’y détendre était un vrai plaisir pour lui qui n’était pas autorisé à trop sortir. Le jeune homme glissa une cigarette entre ses lèvres et l’alluma avec son briquet. Il passa une main dans ses cheveux anormalement clairs, pour un Japonais. Un tic. Nonchalamment, il se mit à marcher sur le petit chemin de cailloux blancs, une main enfoncée dans une poche de son jean. Aussitôt, un air lui vint en tête, doux, léger, si bien qu’il ne put s’empêcher de chanter.

    « I wanna love you, and treat you right
    I wanna love you, everyday and every night
    We’ll be together…
    *
    »

    Marley, quel homme. Beaucoup pensaient qu’Hiraku aimait cet artiste parce qu’il « représentait bien l’ancien Junkie qu’il avait été » mais ils se trompaient affreusement. Bob Marley n’était pas seulement l’emblème que les Rastas et les accros de la Douille avaient voulu se donner. C’était un messager, un homme de paix et d’amour, qu’Hira avait toujours apprécié et respecté.
    L’hôte tira sur sa cigarette, l’air absent, continuant de chantonner. Sa voix était douce, bien qu’un peu rauque, mais terriblement mélodieuse. Il en avait séduit plus d’un avec sa belle voix.

    Hiraku aperçu alors une silhouette familière, non loin de lui, qui l’avait sûrement remarqué. Un sourire fendit son visage, lui donnant un air plus vivant que précédemment, faisant presque disparaître ses longues cernes et son teint blafard.

    « Secrétaire-Chan ! S’exclama-t-il joyeusement, cessant de chanter. Il s’avança vers Kaoru, perdant son air nonchalant et marchant de manière plus féline. Ses yeux bleus brillèrent d’un éclat joueur. T’as réussis à sortir de sous le bureau de Thao-san ? »

    Lui, posséder un esprit mal placé et incapable de ne pas embêter son prochain ? Non, à peine.


* > Is This Love - Bob Marley.

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MessageSujet: Re: 4 000 years ~ PV Secrétaire-Chan.   Dim 4 Jan - 23:46

    - Huuuuuum !

    Repoussant légèrement son bureau du bout des doigts, Kaoru s’étira longuement sur sa chaise, laissant échapper un long soupir las et fatigué. Lentement, il fit craquer les muscles tendus et raides de son dos. Il porta ensuite ses mains à son cou et se massa doucement la nuque, faisant glisser ses longs doigts fins en de petits mouvements circulaires. Á nouveau, il soupira, mais de soulagement et de bien-être cette fois-ci. Il faut dire que cette journée s’était montrée particulièrement stressante et éprouvante pour notre petit secrétaire. En effet, dés son arrivée à l’Hypnotic Poison tôt ce matin, tout avait commencé à aller de travers et les problèmes n’avaient fait que s’accumuler tout au long de la journée à tel point que Kaoru en venait à se demander s’il n’avait pas attiré le mauvais oeil sur sa pauvre petite personne ! Tout d’abord, il y avait eu ce problème d’ascenseurs - ascenseurs qui avaient apparemment tous décidés de faire grève en même temps ! Oh, bien entendu, il y avait encore les escaliers - monter jusqu’aux étages supérieurs n’était en réalité pas le véritable problème de Kaoru - mais bon, quand on sait que l’Hypnotic Poison avait entre autres bâti sa renommée sur son luxe, sa qualité de service et le confort qu’il assurait aux clients, la situation se révélait absolument désastreuse ! Et quelque part, étant donné le nombre d’étages que comptait l’immeuble, Kaoru pouvait aisément comprendre les futures plaintes des clients ! Il avait donc fallut trouver un réparateur libre d’urgence et malheureusement, l’affaire s’était révélée bien plus compliquée qu’il l’aurait cru ! Heureusement, après plus d’une heure passée pendu au téléphone, Kaoru avait enfin pu décrocher un rendez-vous salvateur pour le compte de son bien-aimé patron. OUF !

    Malheureusement, les problèmes du secrétaire ne s’étaient pas arrêtés là. En effet, quelques heures plus tôt, Thao - qui n’avait jamais vraiment aimé gérer ce genre de trucs et qui, de toute façon, avait des choses bien plus importante à faire - avait envoyé Kaoru en catastrophe à la réception. En théorie, le problème qui s’y déroulait était plutôt simple : un client mécontent (et passablement mal élevé) était en train de faire un sacré scandale à l’entrée de l’Hypnotic Poison. Il parlait fort, s’agitait, se donnait en spectacle, exigeait de parler au patron, indisposait les autres clients et accablait les pauvres réceptionnistes de ses reproches courroucées. D’ailleurs, dés que Kaoru fut arrivé sur les lieux, le vieux bonhomme se jeta tout de suite sur lui, déversant sa colère en un flot de paroles parfois grossières et méchamment déplacées. Parfaitement calme, Kaoru - qui avait tout de même appris à gérer ce genre de situations - avait écouté les reproches du client en silence, le regardant d’un air condescend comme on le ferait avec un enfant en bas âge particulièrement capricieux. Puis, une fois que l’homme fut essoufflé, Kaoru lui proposa poliment de se retirer dans un petit salon pour discuter au calme et trouver un terrain d’entente. Là-bas, il s’occupa de calmer et d’apaiser le personnage, faisant en sorte que ce dernier pense que l’HP ait tout fait pour réparer la « faute commise » alors qu’en réalité, il en était rien. Satisfait, le client coléreux reparti donc tranquillement, deux heures plus tard.

    Mais le pire, la goutte qui avait (presque) fait déborder le vase, c’était le gros bug survenu alors qu’il avait pratiquement terminé la rédaction d’un dossier assez important. Là, alors qu’il était à deux doigts de boucler définitivement le dossier, son traître de PC avait méchamment planté, emmenant ainsi dans la tombe toutes ses précieuses données et presque deux heures de travail acharné ! Sur le coup, Kaoru était resté hébété, sentant peu à peu une colère noire monter en lui. Á deux doigts de la crise de nerfs, il s’était finalement levé, déclarant qu’il allait prendre l’air tout en retenant du mieux qu’il le pouvait le cri de rage pure qui grondait au fond de sa gorge. Purée… il y avait des jours comme ça où on ferait mieux de rester couché !

    Finalement, plus que des paroles en l’air, Kaoru s’était vraiment exilé dans le magnifique jardin de l’immeuble. D’une part, parce que c’était un endroit calme et apaisant et d’autre part, parce qu’il avait vraiment besoin de s’oxygéner les neurones. Là-bas, il s’était tout simplement posé sur un banc, végétant autant que possible, histoire de se remettre les idées en place et de souffler un peu. Mais bon, s’étant bel et bien réveillé sous le signe de la malchance ce matin, le calme des lieux fut bien vite troublé par une jolie voix. C'était une voix mélodieuse et un peu rauque, une voix qu’il reconnaissait sans peine et qui chantonnait quelques paroles anglaises, du Bob Marley s’il ne se trompait pas. Se tassant donc un peu plus sur son banc dans l’espoir que le « démon » décoloré ne le remarque pas, Kaoru sourit légèrement, amusé. Il agissait comme un gamin mais bon, là, il ne se sentait vraiment pas de taille à affronter les bêtises d’Hiraku !

    - Secrétaire-Chan ! T’as réussis à sortir de sous le bureau de Thao-san ?

    Raté… Enfin, tant pis. Se redressant légèrement pour faire face au chanteur improvisé, Kaoru ne put s’empêcher de rougir légèrement en comprenant le sous-entendu. Sale gamin, va… Même avec l’expérience et l’habitude, Kaoru n’arrivait pas encore à rester de glace face à ses propos crus et ses insinuations libertines !

    - Je ne vois pas de quoi tu parles, marmonna-t-il en s’empourprant un peu plus. Contrairement à ce que tu sembles penser, je travaille moi ! … Devant un écran d’ordinateur, se sentit-il obligé de préciser, mine de rien.


Dernière édition par Kaoru Otsuka le Sam 24 Jan - 0:35, édité 3 fois
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Hiraku Takada
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MessageSujet: Re: 4 000 years ~ PV Secrétaire-Chan.   Sam 10 Jan - 18:05

    Hiraku aimait ce jardin. Il pouvait s’y recueillir, tout y était si paisible à cette heure-ci. Aucun client ne venait traîner par ici, accompagné d’un hôte afin de batifoler. Jouer un rôle. Ici, il pouvait être lui-même et cesser de sourire à tout le monde en faisant semblant d’aller bien alors que c’était le contraire. Rien n’allait bien pour lui. Il en avait marre, marre de tout. L’Hypnotic Poison, les clients, les hôtes, faire semblant, sa demi-vie. Hiraku avait l’impression de n’être qu’un mort en sursis depuis quelques années. Oui, il était mort ce jour-là. Peut-être n’avait-il jamais vraiment été en vie, d’ailleurs. Son âme s’était envolée en même temps que sa mère, dix-neuf ans plus tôt. Elle était partie, prisonnière d’un monde dans lequel seul les esprits pouvaient se rendre. Et son corps était coincé ici, sur terre. A l’HP. Il ne lui restait plus que son cerveau, afin de rester conscient de ce qui lui arrivait là. Il voyait, entendait, sentait tout, mais n’éprouvait plus rien. Plus rien hormis un dégoût profond pour lui-même et tous les autres, une jalousie maladive pour ces gens qui parvenaient à trouver le bonheur alors que lui en était définitivement incapable. Il rêvait d’une vie. Une vie durant laquelle il aurait pu avoir une véritable enfance, entouré d’amis et d’une famille, une adolescence normale, avec ses problèmes et ses joies et un début d’existence adulte plus noble. Au lieu de cela, il était un pantin, un corps vide aux mains de gens tellement riches qu’ils pouvaient même faire ça ; acheter un corps. Oui, Hiraku était vide. On aimait son apparence physique, les courbes délicates de son corps, son visage d’adolescent, ses sourires délicieux. Personne ne pouvait l’aimer pour ce qu’il était, puisqu’il n’était qu’un corps.

    Kaoru Otsuka… le jeune hôte enviait le secrétaire de Thao. C’était un jeune homme poli, bien élevé et un peu timide qui semblait n’avoir manqué de rien. Pourtant, il travaillait ici, mais comme secrétaire, il s’agissait d’un métier bien plus noble et intéressant que celui d’Hiraku, c’était certain. Alors il l’enviait, parce que lui, il avait une véritable vie. Il n’était pas qu’une enveloppe avec laquelle on jouait et même si le jeune homme aimait l’embêtant, il le respectait néanmoins plus qu’il ne voulait le montrer. Parce qu’Hira détestait montrer ce qu’il pensait. Il préférait le taquiner et le faire rougir de manière adorable. Parce qu’embêter les autres était un moyen de dire « Hé, regarde, je suis là, ne m’oublie pas. Que personne ne m’oublie. » Hiraku sourit en voyant le petit secrétaire rougir légèrement. Un sourire forcé, comme tous les autres, mais il avait tellement l’habitude que ces mimiques paraissaient vraies.

    « Je ne vois pas de quoi tu parles. Contrairement à ce que tu sembles penser, je travaille moi ! … Devant un écran d’ordinateur. »

    Hiraku se mit assis sur le banc où Kaoru se trouvait, quelques secondes plus tôt et croisa ses longues jambes. Il tira sur sa cigarette, l’air songeur avant de recracher la fumée blanche, lentement, par la bouche et le nez. Il détailla son vis-à-vis, laissant son regard azur parcourir sa silhouette. Mmmh, oui, les yeux d’Hiraku étaient bleus. C’étaient eux, ainsi que sa couleur de cheveux naturelle mais cependant trop claire pour un Japonais, qui avaient trahi sa mère. Qui l’avaient trahi. Ces yeux ne pouvaient pas appartenir à un Japonais pure souche. Evidemment, puisqu’Hira les tenaient de son père. Son véritable père, celui qu’il n’avait jamais rencontré. L’hôte soupira, imperceptiblement, puis gomma l’air étrange qui habitait son visage afin de l’habiller d’un air plus jovial, joueur.

    « Oh, je ne pensais pas que Thao était du genre à être celui qui se trouvait sous le bureau, dit-il d’un air narquois, dévisageant le petit bout d’homme en face de lui. Mais après tout, ce ne sont pas mes affaires, il peut bien faire ce qu’il veut de sa bouche, n’est-ce pas ? »

    Il avait dit cela, non sans appuyer sur les mots « sous le bureau » et « bouche ». Oui, il était quelque peu… infernal. Peu de gens supportaient cet humour déplacé et parfois terriblement grinçant, lorsque sa véritable nature refaisait surface.
    Hiraku jeta son mégot sur le sol. Il pouvait se le permettre, des gens chargés de l’entretient passaient chaque jour ici afin de nettoyer chaque parcelle de ce jardin. Le jeune homme ignorait que Kaoru avait eu affaire à un client désopilant un peu plus tôt mais cela ne l’étonnerait pas de l’apprendre. Lui-même avait du plus d’une fois se charger de personnes étranges et ingérables, essayer les satisfaire sans pour autant se mettre en péril. C’était difficile, car il ne devait absolument pas décevoir un client, car il était roi ici, mais en même temps, il devait faire attention à ce qu’aucun ne dépasse les limites qui étaient fixées. Heureusement, en tant qu’hôte numéro un, Hiraku bénéficiait d’un traitement de faveur. Il pouvait refuser un client qu’il jugeait trop… dangereux. Thao avait accepté de lui faire cette faveur dès le début, étant parfaitement au courant du passé douloureux de son protégé.

    « Bonne journée ? demanda-t-il d’un air plus sérieux, ayant décidé d’arrêter d’embêter son interlocuteur pour le moment. Il leva à nouveau son regard vers lui afin de demander, presque distraitement : j’ai déjà quelqu’un de prévu pour demain ou il n’y a rien pour l’instant ? »

    Histoire de savoir s’il allait pouvoir se détendre ou devoir jouer les putes de luxe toute la journée.

    [J’ai été assez longue à répondre, je m’en excuse, mais vive le lycée, n’est-ce pas ?^^]

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MessageSujet: Re: 4 000 years ~ PV Secrétaire-Chan.   Dim 11 Jan - 17:08

    - Oh, je ne pensais pas que Thao était du genre à être celui qui se trouvait sous le bureau. Mais après tout, ce ne sont pas mes affaires, il peut bien faire ce qu’il veut de sa bouche, n’est-ce pas ?

    Virant au rouge brique plus vite que l’éclaire, Kaoru pensa distraitement que s’il n’avait pas cinq bonnes années de plus, deux ans d’expérience et d’entraînement acharné aux « blagues » douteuses d’Hiraku, il aurait très certainement caché son visage écrevisse dans ses paumes fraîches ou encore pris ses jambes à son cou ! De plus - et ce, bien malgré lui - la réflexion osée de l’homme le plus désiré de tout Tokyo amena des pensées clairement impures dans son esprit déjà fortement malmené. En effet, même s’il essayait vraiment de paraître naturel et neutre en présence de Thao, Kaoru ne pouvait nier l’amour, l’envie et le désir qui lui brûlaient les reins à chaque fois que ses yeux se posaient sur cet homme. Alors bon… imaginer… ne serait-ce qu’un instant… ce genre de… de choses, c’était… enfin c’était… impossible ! Oui, voilà, c’était impossible ! Il n’avait pas à baver indignement sur son patron, il n’en avait pas le droit. Tentant donc de reprendre un minimum contenance - vraiment, perdre ainsi la face devant un… un gosse, c’était d’un humiliant ! Sérieusement, malgré le temps passé à le fréquenter, les piques d’Hiraku étaient toujours aussi douloureuses pour son ego ! - Kaoru tourna légèrement la tête, pinçant les lèvres. Inspirer, expirer, inspirer, expirer. Il fallait se calmer et surtout, éliminer tout ce… rouge de ses joues !

    Finalement, toujours aussi mal à l’aise mais cependant beaucoup moins gêné, Kaoru s’appuya un peu plus confortablement contre le dossier du banc. Il laissa ensuite échapper un nouveau soupire - un soupire lent et profond comme un râle, sorte de plainte murmurée - avant de se passer une main fraîche sur le visage. Prenant son temps pour éliminer les pensées peu catholiques qui avaient parasité son esprit l’espace d’un court instant, le jeune homme ferma légèrement les yeux, comme si le simple fait de se couper de toute lumière allait calmer son trouble et apaisé sa migraine. Celui-là alors… Chaque fois que Kaoru ouvrait la bouche, il arrivait à détourner ses paroles en un discours pervers ! Et pourtant, avec lui, le secrétaire avait appris à peser ses mots, cherchant à retirer de sa bouche tous propos qui pourraient porter à confusion ou devenir ambiguës. Le sachant redoutable de nature, il restait prudent et prenait toujours ses précautions. Quand le châtain était dans les parages, Kaoru faisait tout simplement attention à ce qu’il disait. Pourtant, malgré ça, Hiraku gagnait toujours. Kaoru ne savait pas exactement comment il faisait mais le fait était que ce sale gosse décoloré arrivait toujours à ses fins : en définitif, c’était toujours Kaoru qui finissait cramoisi et embarrassé !

    - Je… Je n’entretiens pas ce genre de… de relations avec Monsieur Fan-Jiang et tu le sais, lança-t-il finalement d’un ton qui se voulait dégagé.

    Il ne pouvait nier être on ne peut plus intéressé par la personne de son patron mais bon, depuis le temps, Kaoru avait appris à se faire une raison. C’était impossible, tout bonnement impossible et ses sentiments - aussi forts soient-ils - ne lui seraient probablement jamais retournés. Ca ne servait strictement à rien de l’aimer et Kaoru en était parfaitement conscient. Il le savait et mon Dieu, comme il aurait aimé pouvoir dire « J’ai abandonné depuis longtemps maintenant ! » ! Mais voilà, même s’il ne se faisait plus d’illusions depuis longtemps, Kaoru ne pouvait tout simplement pas s’empêcher de s’y accrocher… Alors il souriait gentiment et tentait de travailler au mieux, cherchant désespérément à contenter son employeur. Après tout, c’était la seule chose qu’il pouvait faire pour lui…

    - Bonne journée ? J’ai déjà quelqu’un de prévu pour demain ou il n’y a rien pour l’instant ?

    Fixant immédiatement son attention sur Hiraku, Kaoru le sonda longuement de ses beaux yeux bruns. Prenant son temps pour le détailler consciencieusement, le secrétaire observa son sourire tiré, usé d’être trop faux et sans réelle chaleur, le petit air songeur et fatigué qui habitait son beau visage, les yeux vides d’éclat, les épaules légèrement tombantes et le teint cireux. Quelques minutes et coups d’œil légers suffirent au jeune homme pour en venir à cette conclusion : Hiraku n’allait pas bien. Oh, pas qu’habituellement l’hôte respire la bonne humeur et la joie de vivre mais c’était quand même rare de le voir aussi… las et abattu. Quoique déjà, à la base, Hiraku était un cas. En effet, si la plupart des hôtes finissaient pas s’habituer à leur condition de « produit de luxe », se complaisant dans cet étrange métier qu’était le leur, ce n’était absolument pas le cas pour Hiraku. Au fils du temps, nombreux étaient ceux qui parmi les hôtes de l’Hypnotic Poison avaient fini par apprécier leur vie quotidienne. En effet, pour certains d’entre eux, l’HP était un endroit beaucoup plus accueillant que leur ancienne « maison », beaucoup plus doux que leur vie précédente et bien plus chaleureux que la rue. Ils y étaient logés, nourris, blanchis, leurs chambres étaient agréables, la nourriture délicieuse et ils recevaient de quoi se vêtir sans écoper de haillons. Comparé à quelques nuits abandonnés entre les bras d’un homme puissant et richissime, beaucoup estimaient que ce n’était pas tellement cher payé. Hiraku, lui, ne pensait pas comme ça. D’ailleurs, il suffisait de le regarder dans les yeux pour comprendre qu’il n’avait qu’une envie : quitter l’Hypnotic Poison.

    - Hum. Pas vraiment. A vrai dire, je n’ai même que des problèmes depuis que je suis sorti de mon lit, répondit-il finalement, le regard vague.

    « J’ai déjà quelqu’un de prévu pour demain ou il n’y a rien pour l’instant ? ». C’était… une question un peu stupide. Étant l’hôte N°1 de l’HP, Hiraku était extrêmement demandé et généralement, il avait de quoi faire tous les soirs (sauf peut-être lors de ses rares jours de congés). Alors bon, dans ces conditions, bien entendu qu’il avait déjà quelque chose de prévu. Si ses souvenirs étaient bons, c’était même Satô-san, ce vieux politicien rabougri et pervers qui l’avait « réservé » pour la journée et la nuit. Pauvre Hiraku… Vu comme ça, il semblait réellement au bout du rouleau. C’était clair que la soupape était pleine et que son raz le bol ne demandait qu’une chose : un peu de paix, de détente et de tranquillité.

    - Non, tu n’as encore rien de prévu, répondit-il avec un doux sourire. Et… enfin, je pense même que ta journée sera libre demain.

    Il mentait. C’était un énorme mensonge qui semblait pourtant parfaitement naturel. En effet, si Kaoru était du genre timide, c’était également une personne capable de mentir à la perfection et sans le moindre remord. Rares étaient les personnes capables de le percer à jour ! Et puis bon, ce coup-ci, il mentait pour la bonne cause. Hiraku avait besoin d’une coupure et de repos et même s’il venait prestement de se foutre dans un merdier pas possible (Satô-san était du genre… capricieux et Kaoru se voyait déjà pendu au téléphone pendant deux heures longues et pénibles à parlementer pour essayer de tasser l’affaire et de calmer le politicien mécontent), le secrétaire ne regrettait pas son geste. Après tout, ça ne serait pas la première fois qu’il amadouerait le terrible Satô et il considérait que les pouvoirs de décision dont il disposait devaient servir à veiller à la bonne marche l’HP autant qu’au bien-être de ses hôtes.

    - Au fait… Est-ce que tout va bien ? Je te trouve un peu pâle…, demanda-t-il soudainement, un air sincèrement inquiet sur le visage.

    ( Aucun problème, je comprends parfaitement. =D )


Dernière édition par Kaoru Otsuka le Sam 24 Jan - 0:41, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: 4 000 years ~ PV Secrétaire-Chan.   Ven 23 Jan - 23:18

[ Bac blaaaaanc, bac blaaanc, je te haiiiiis ! Bref, je réponds ENFIN U___U]

    En dix-neuf ans d’existence, Hiraku avait prit l’habitude d’observer les gens. Leur attitude, leurs tics, les sentiments que l’on pouvait lire sur leur visage ou dans leurs yeux… Car si on pouvait porter un masque en permanence, les yeux, eux, ne mentaient pas. On ne les appelait pas « fenêtres de l’âme » pour rien, n’est-ce pas ? Alors si Kaoru faisait de son mieux pour cacher ses sentiments à son patron – avec brio, il fallait bien l’avouer – il ne pouvait pas échapper au sens de l’observation du jeune hôte. Surtout lorsque ses yeux criaient « Violez-moi ! » à Thao. Bon, peut-être pas de telles mots, mais ce n’était pas très loin, Hira en était persuadé. Il aimait bien les observer, tous les deux. Thao, l’homme froid et sûr de lui qui se donnait des airs de personne imbuvable alors qu’il cachait une personne au cœur sous la main – même si les affaires passaient avant tout – et Kaoru, le secrétaire dévoué et fou amoureux. C’était surtout très drôle de voir Secrétaire-chan courir à droite et à gauche pour satisfaire les désirs – parfois étranges – de son patron. Au fond de lui, Hiraku espérait que Kaoru réussisse à obtenir ce qu’il souhaitait depuis si longtemps, ce serait drôle de voir Thao entiché du jeune homme… Un sourire carnassier orna ses fines lèvres tandis qu’il se disait qu’il devait se charger de ça – ne serait-ce que pour s’amuser.

    - Je… Je n’entretiens pas ce genre de… de relations avec Monsieur Fan-Jiang et tu le sais.

    Hiraku haussa les épaules avec un sourire charmant et un air innocent qui sonnait faux avec son regard de prédateur.

    « Evidemment que je le sais. Je plaisantais, pas la peine d’être aussi embarrassé, ça pourrait paraître louche ! »

    Et hop, on remue encore un peu, histoire d’achever son moment « j’emmerde les gens petits et mignons parce que j’adore les voir rougir ». Il reprit un air plus sérieux. Le jeune hôte était doué pour ça, passer d’une émotion à une autre. Il aurait pu avoir une brillante carrière dans le monde de la comédie, c’était certain. Il mentait très bien, lui aussi. En même temps, cela valait mieux pour lui. Pour satisfaire un client vieux et pervers, aussi riche soit-il, il fallait savoir faire semblant – à moins de préférer les séniors aux jeunes hommes séduisants.
    Non, en effet, Hiraku n’était pas heureux à l’Hypnotic Poison. Certes, il l’était toujours plus que six pieds sous terre – ce qui serait arrivé si Thao ne l’avait pas sauvé – ou livré à lui-même dans la rue, à devoir vendre son corps au premier venu. Ici au moins, on ne lui choisissait pas des tarés et cela lui évitait de se faire tabasser. Chose qui était arrivée plus d’une fois dehors. Mais Hira était un être libre, un feu follet sans cesse en mouvement qui finirait par s’éteindre s’il ne retrouvait pas cette liberté bénie et chérie. Il avait besoin de pouvoir aller et venir où et quand il le souhaitait, faire ce qu’il voulait et diriger sa vie, pas la laisser aux mains de Thao, aussi douces et intelligentes soient-elles.

    - Hum. Pas vraiment. A vrai dire, je n’ai même que des problèmes depuis que je suis sorti de mon lit.

    Le lit… pour beaucoup, c’était l’endroit idéal, dans lequel on se détendait, dormait paisiblement, s’allongeait aux côtés de l’être aimé… pour Hiraku, il était synonyme d’insomnies, de travail et souvent d’humiliation. Alors il se sentait dix fois plus à l’aise sur un banc ou sur une chaise que dans un lit. Il n’avait rien du cocon épais et accueillant que beaucoup n’avaient pas envie de quitter.

    - Non, tu n’as encore rien de prévu. Et… enfin, je pense même que ta journée sera libre demain.

    Hiraku regarda Kaoru avec un air surpris. Eh ben, pour une fois qu’il n’avait personne… il avait posé cette question en espérant silencieusement que la réponse serait « non » mais il ne s’attendait absolument pas à ce que ça arrive réellement. Il avait peut-être plus de chance que ce qu’il pensait ! Machinalement, il plongea sa main dans la poche de sa veste et en sortit son paquet de cigarettes. Une fois le tube allumé entre les lèvres, il tira longuement dessus. Lui, aligner les cigarettes ? Non, pas du tout. Néanmoins, un mince sourire fit son apparition sur ses lèvres. Si mince qu’il paraissait imperceptible. Il était loin de se douter que Kaoru mentait pour lui et nul ne pourrait anticiper sa réaction s’il venait à l’apprendre. Serait-il touché que le jeune homme prenne soin de lui ou vexé de paraître si faible ? C’était difficile de savoir, avec lui.

    « Oh, cool, dit-il simplement, l’air distrait, comme si cela ne l’atteignait pas plus que ça alors qu’il se retenait de soupirer de soulagement. Avec un peu de chance, Thao me laissera aller faire un tour. »

    En général, les hôtes n’étaient pas vraiment autorisés à trop s’éloigner mais Hiraku était une exception. Au début, le jeune homme avait fait une violente dépression et Thao l’avait carrément mené hors du Japon, en France, pour qu’il change d’air et se ressource. Une chose était sûre, il ne ferait pas ça pour n’importe qui.

    - Au fait… Est-ce que tout va bien ? Je te trouve un peu pâle…

    Hiraku redressa la tête et croisa le regard de son vis-à-vis. Il fronça les sourcils, l’air mécontent que Kaoru pose cette question. En quoi ça l’intéressait, d’abord ? L’hôte se retint de répondre de manière acerbe en sachant qu’il le regretterait par la suite. Ca ne servait à rien de vouloir se protéger d’une muraille lorsqu’il s’agissait de Kaoru. Tout comme pour Thao, Hiraku était incapable de lui cacher quoi que ce soit. Ces deux-là étaient tellement sincères avec lui qu’il avait l’impression qu’il les trahirait s’il n’était pas honnête avec eux. Même s’il s’agissait de ses sentiments, choses dont il détestait parler.

    « Si je vais bien… ? murmura-t-il avant de tirer longuement, très longuement, sur sa cigarette. Non, répondit-il en regardant dans le vide. Non, je ne vais pas bien, j’ignore d’ailleurs si j’ai déjà été bien, mais ça, c’est une autre histoire. Je ne suis pas débordant de joie et de bonne humeur, j’ai l’impression que plus les mois et les années passent, plus je pourris. Mais ne t’inquiètes pas, je fais tout pour que la nécrose ne touche pas l’enveloppe, ce serait dommage, hein ? »

    Sourire forcé. Il tira sur le bâton de nicotine et expira la fumée, lentement, comme s’il espérait que garder ce nuage toxique en lui plus longtemps le tuerait plus rapidement.

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MessageSujet: Re: 4 000 years ~ PV Secrétaire-Chan.   Sam 24 Jan - 15:32

    - Evidemment que je le sais. Je plaisantais, pas la peine d’être aussi embarrassé, ça pourrait paraître louche !

    Rougissant encore un peu sous l’insinuation douteuse d’Hiraku, Kaoru détourna la tête, le nez en l’air, se retenant de justesse de lâcher un « Hum ! » de jeune fille de bonne famille froissée dans son ego. Ce n’était certes pas la réaction la plus mature et virile qui soit, mais c’était comme ça que Kaoru fonctionnait, surtout quand il s’agissait d’Hiraku. Parce que de toute façon, quoiqu’il fasse, à la fin de la partie, c’était toujours l’hôte qui gagnait. L’ancien junkie était trop bien rodé à ce jeu-là, il avait trop d’expérience pour perdre face une misérable crevette telle que Kaoru. C’était comme ça. Ça avait toujours été comme ça, alors bon, avec le temps, Kaoru ne s’en formalisait plus tellement. Il jouait juste les jeunes filles pincées, histoire de bien montrer à Hiraku que ce dernier avait gagné et qu’il n’avait plus en envie de jouer. Après tout, il n’avait jamais été un homme grand et fort. Ce n’était pas à lui qu’on pensait quand on évoquait le mec par excellence, celui qui semblait drogué à la testostérone. Il n’était pas viril, et alors ? Personnellement, Kaoru s’en accommodait très bien. Au lieu d’être un ours vulgaire et disgracieux, il était né signe, doux et intelligent. Ce n’était pas parce qu’il faisait partie de la gente masculine qu’il devait se forcer à être quelqu’un qu’il n’était pas, juste pour « sauver les apparences ». Il était efféminé ? Aucun problème ! Si cela gênait quelqu’un, ça n’était certainement pas lui et du coup, il n’avait absolument aucun complexe à agir et réagir comme bon lui semblait, même si ses comportements ne faisaient pas toujours très « homme » et qu’il se la jouait parfois un peu précieuse. Après tout, s’il voulait se vexer et bouder comme une femme, c’était son problème.

    - Mmmh, fut le seul son qu’il consentit à lâcher, tout de même un peu vexé de se mettre dans de tels états devant témoin.

    D’ailleurs… « Ça pourrait paraître louche ! », c’était quoi ça ? Que voulait-il dire par-là… ? Se pourrait-il qu’Hiraku ait compris que… enfin qu’il… pour Thao… ? Après tout, le jeune hôte était du genre plutôt observateur et comme il n’était pas non plus né de la dernière pluie… Était-ce possible qu’il… l’ait percé à jour ? … Non. C’était ridicule. Non… Définitivement, c’était impossible. Cela l’était… n’est-ce pas ? Enfin, de toute façon, Kaoru était absolument certain de ne pas avoir été… « découvert ». Après tout, il bon comédien et il le savait, même si ce talent brillait pour une seule et unique raison : il mentait comme un As. Tout simplement. Un coup de bol, très certainement, puisqu’il était né comme ça, sachant mentir à la perfection dès le berceau. Malgré cela, Kaoru n’était pas quelqu’un de fourbe ou de particulièrement manipulateur - quoique depuis qu’il travaillait pour le compte de Thao, il s’était nettement perverti de ce côté-là - c’était juste que mentir ne lui avait jamais posé aucun problème de conscience. Notre petit secrétaire pensait donc - à tord, malheureusement - être resté parfaitement opaque face à tous ceux qui tentaient ou tenteraient de comprendre ses sentiments. Tous ses sentiments et surtout ceux-là…

    - Oh, cool. Avec un peu de chance, Thao me laissera aller faire un tour.

    Kaoru avait regardé Hiraku s’allumer une cigarette en silence, les lèvres pincées. À vrai dire, il détestait le tabac. Vraiment. Cela sentait mauvais, ça empêchait de respirer, ça ruinait le souffle, piquait les yeux et surtout, c’était dangereux pour la santé. Voir Hiraku fumer, ça l’avait toujours prodigieusement agacé. Quand il le voyait tirer sur ces petits bâtons de poison, il avait toujours envie de les lui « confisquer », de les réduire en bouillie - ça et le paquet allant avec, bien entendu - et de lui faire la morale pendant vingt minutes. Seulement voilà, Hiraku n’était pas son frère et encore moins son fils, Kaoru savait donc parfaitement qu’il n’avait rien à dire là-dessus. De plus, si jamais il agissait de force, Hiraku se braquerait, c’était certain. Bien que le secrétaire occupait une place plus ou moins privilégiée dans le cœur du jeune hôte, Kaoru savait que son influence, son autorité et ses droits sur Hiraku étaient très limités, voire inexistants. Il n’était pas sa mère. Il le savait - il le savait parfaitement même - mais c’était plus fort que lui, il ne pouvait pas s’empêcher de se faire du souci.

    - Si je vais bien… ? Non, je ne vais pas bien, j’ignore d’ailleurs si j’ai déjà été bien, mais ça, c’est une autre histoire. Je ne suis pas débordant de joie et de bonne humeur, j’ai l’impression que plus les mois et les années passent, plus je pourris. Mais ne t’inquiètes pas, je fais tout pour que la nécrose ne touche pas l’enveloppe, ce serait dommage, hein ?

    Certaines personnes se seraient sans doute énervées face aux propos de l’hôte, considérant que malgré ses problèmes il n’avait pas s’énerver de la sorte, mais pas Kaoru. Au contraire, il était toujours très heureux quand Hiraku vidait son sac devant lui, parce qu’il savait parfaitement que c’était une chose que le châtain évitait généralement de faire. Avec les autres, il se serait certainement contenté d’un marmonnement ou d’une réponse bateau du style : « Nan… ça va. », histoire qu’on lui foute la paix et qu’on ne lui pose plus de questions. Mais pas avec lui. Et peu importe comment on abordait la chose, c’était en quelque sorte un privilège, Kaoru en était conscient. À vrai dire, dans ces moments-là, le seul problème qu’avait Kaoru, c’était de réagir « comme il fallait ». Parce que mine de rien, Hiraku pouvait parfois être aussi imprévisible qu’explosif. Si on ne trouvait pas les mots, s’il se mettait à penser qu’on avait pitié de lui, qu’on le considérait comme faible, c’était mal barré. Mine de rien, de ce côté-là, Hiraku ressemblait beaucoup à Thao. Il était fier et ne supportait pas qu’on le prenne pour un faible. Il était orgueilleux. De son côté, Kaoru n’était pas assez prétentieux que pour prétendre connaître le jeune homme sur le bout des doigts ni même pour affirmer le comprendre, mais bon, avec le temps, il croyait tout de même avoir cerné le gros de sa personnalité. Hiraku jouait les petits durs, voulait se monter fort, mais au fond, Kaoru était persuadé que ce n’était encore qu’un gosse. Il agissait comme un adulte, parlait comme un adulte, à vrai dire, il possédait même le corps d’un adulte, mais bon voilà, ce n’était que des apparences… Ou du moins, c’était ce que pensait Kaoru.

    - Tu dis des bêtises. Comme si on ne se souciait que du corps, franchement… ce n’était qu’un marmonnement indistinct, un soupire un peu las, fatigué. Si tu veux, je peux demander à Monsieur Fan-Jiang de bien vouloir te laisser sortir demain. Tu as besoin de te changer les idées… Et puis… Je sais que cela ne me regarde pas, mais tu ne devrais pas fumer autant.

    Quand il le voyait comme ça, Kaoru avait envie de le prendre dans ses bras et de le bercer, de le consoler comme il l’aurait fait avec Kiba. Il avait envie, certes, mais il ne le faisait pas. Pas par gêne ni même par timidité, c’était juste qu’Hiraku ne comprendrait certainement pas son geste. Il le refuserait et se fermerait. Et s’il y avait bien une chose que Kaoru ne voulait pas faire, c’était d’aggraver les choses… Sincèrement, le brun essayait de veiller au mieux sur tous les hôtes de l’Hypnotic Poison, accordant tout de même un peu plus d’attention aux « anciens », ceux qu’il connaissait vraiment bien, mais avec Hiraku, c’était encore différent. Peut-être était-ce parce qu’il ne voyait pratiquement plus son petit frère ni même sa famille en général, mais Kaoru se sentait vraiment… concerné par le cas d’Hiraku. Il s’y était attaché, vraiment. Qui sait, peut-être était-ce l’instinct maternel ? Après tout, au point où il en était, le secrétaire ne s’étonnait plus de rien !

    ( Arf, je ne suis pas vraiment satisfaite de cette réponse, mais bon, tant pis ! >< )
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Hiraku Takada
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MessageSujet: Re: 4 000 years ~ PV Secrétaire-Chan.   Jeu 12 Fév - 18:58


    Hiraku avait été quasiment élevé par une femme au caractère bien trempé, inflexible. Chidori, autrefois douce et attentionnée, était devenue une jeune femme robuste, grossière et sûre d’elle, bien décidé à cracher à la figure de tous ceux qui se dresseraient sur son chemin. Et Hira avait vécu avec elle, apprenant à devenir vif et à posséder une langue acérée, capable de répliquer à la seconde. Voilà pourquoi Kaoru ne pouvait pas le battre à ce petit jeu. Car ça avait été des années d’entraînement, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il avait été blessé, abusé, traité comme un objet trop de fois et depuis trop longtemps pour laisser quiconque le toucher, désormais. Ainsi, il avait construit cette carapace qui consistait à lancer des piques sans arrêt afin qu’on ne l’aborde pas. S’il paraissait désagréable, mordant et cruel, qui voudrait venir lui parler pour se moquer, encore ? Personne. C’était ce qu’Hiraku espérait. Il voulait paraître intouchable, inaccessible, parce qu’il refusait de montrer ses faiblesses. On abusait des personnes faibles, on leur faisait du mal et il ne voulait pas faire partie de ces gens là.

    Pourtant, il avait été franc avec Kaoru. Il y avait deux raisons à cela. La première, il était parfaitement incapable de mentir au jeune secrétaire. C’était ainsi, indépendamment de sa volonté, il ne pouvait pas lui raconter des âneries. La deuxième, il savait que Kaoru n’utiliserait jamais ses faiblesses contre lui. Il savait que le jeune homme était quelqu’un de franc, de bon et d’entier, qui ne se servirait jamais de lui. Il avait mis du temps à le comprendre, l’accepter, mais désormais, même s’il ne le montrait pas toujours, il avait pleinement confiance en lui. Un peu comme en Thao.

    - Tu dis des bêtises. Comme si on ne se souciait que du corps, franchement…

    Un mince sourire orna les fines lèvres d’Hiraku qui baissa légèrement la tête. Il soupira et tira sur sa cigarette, longuement, comme si cela lui permettait de l’apaiser. Puis il se tourna vers Kaoru et plongea ses orbes bleues dans les siennes.

    « Tu fais partie de ces personnes bonnes et tendres qui ne se soucient pas que du corps, Kaoru-chan. Mais beaucoup d’autres sont loin de te ressembler. Mon père, par exemple. J’avais les yeux bleus, ce qui prouvait que je n’étais pas son fils, que sa femme l’avait trompée. Il ne s’est préoccupé de cela, n’a même pas cherché à savoir si je pouvais être un bon fils, malgré mes yeux bleus, dit-il d’une voix étonnamment douce, alors qu’une lueur douloureuse brillait dans son regard. C’était la première fois qu’il parlait d’une chose pareille, il n’avait même pas fait mention de cela à Thao. Après tout, personne n’avait besoin de savoir qu’il était le fils de Sôjirô Takada, un tristement célèbre Yakuza. Alors non, poursuivit-il, le corps n’est peut-être pas le plus important, mais si j’étais laid, il y a des années que je serais mort, carcasse décharnée dans une sombre ruelle. »

    Il se tut et passa une main pâle aux longs doigts fins dans ses cheveux clairs. Il était rare qu’il parle autant, encore moins de son passé. Beaucoup ignoraient ce qui était arrivé à Hiraku avant qu’il n’arrive à l’Hypnotic. Thao l’avait trouvé, à moitié mort d’une overdose et même lui ne savait pas ce qu’il avait vécu. Néanmoins, parfois, le jeune hôte se doutait que Thao savait quelque chose. Après tout, c’était un homme puissant et influent, capable d’engager une personne afin d’enquêter sur une autre. Il ne serait pas surpris d’apprendre qu’en vérité, Fan-Jiang avait toujours tout su.

    - Si tu veux, je peux demander à Monsieur Fan-Jiang de bien vouloir te laisser sortir demain. Tu as besoin de te changer les idées… Et puis… Je sais que cela ne me regarde pas, mais tu ne devrais pas fumer autant.

    Les yeux bleus d’Hiraku étincelèrent brièvement. Sortir. Cela signifiait mettre des vêtements normaux, un simple jean et une chemise avec une paire de baskets et quitter l’Hypnotic Poison pour devenir un jeune adulte parfaitement normal. Ça signifiait ne plus être hôte pour quelques heures, ne plus sentir les regards envieux et pleins de désir se poser sur lui. Oui, il voulait sortir. A jamais, si possible. A nouveau, il sourit légèrement lorsque Kaoru lui fit part de ses inquiétudes au sujet de ses poumons. Il jeta ce qui restait de sa cigarette - soit pas grand-chose - sur le sol et se laissa glisser sur le banc, afin de se rapprocher du jeune secrétaire. Là, d’un mouvement fluide, presque imperceptible, il avança une main vers lui afin de la poser dans sa nuque, ses doigts se perdant dans les cheveux doux du secrétaire.

    « Merci de t’inquiéter, Kaoru-chan. » murmura-t-il doucement avant de caresser sa joue avec ses lèvres.

    Un baiser sur la joue, parfaitement anodin aux yeux d’Hiraku qui pourtant, ici, au Japon, était quelque chose de plutôt osé. Mais il savait que Kaoru ne se méprendrait pas, et puis, de toute manière, le secrétaire était obnubilé par son patron. Il retira doucement sa main et se recula avant de se lever, glissant ses mains dans les poches de son pantalon.

    « Tu devrais faire quelque chose. Pour Thao, dit-il simplement, comme s’il ne venait pas de lui dire de se bouger les fesses s’il voulait que son patron s’entiche définitivement de lui. Sinon j’m’en occupe, et tu me connais… »

    Ca risque d’être embarrassant pour toi, songea-t-il avec un mince sourire.

    Hiraku ou son habileté à changer de sujet en un rien de temps.

    [*fait la carpette* T'as l'droit d'me flageller jusqu'à ce que mort s'ensuive !]

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MessageSujet: Re: 4 000 years ~ PV Secrétaire-Chan.   Dim 15 Fév - 18:13

    À nouveau, Kaoru écouta sans rien dire. Il se contentait de rester là, tranquillement installé sur les lattes vernies de ce petit banc, immobile et silencieux face au jardin. Ses prunelles noisette fixaient la verdure au loin, sans vraiment la voir, absorbée dans l’écoute religieuse du jeune hôte à ses côtés. C’était plutôt rare qu’Hiraku se livre ainsi, pour ne pas dire exceptionnel. Généralement, il évitait de parler de lui, de ses sentiments, de ses envies, de son passé et sur ce point-là, Kaoru ne pouvait que le comprendre : avec le peu d’intimité et de vie privée que son métier d’hôte lui laissait, le jeune japonais devait jalousement cacher ce qui lui restait. Du coup, bien qu’il le connaisse depuis déjà deux longues années, Kaoru ne savait finalement pas grand-chose de l’ancien junkie. Quelques infos péchées par-ci, par-là, un plat préféré, une bride de son passé, quelques savoirs acquis avec le temps et l’observation, un trait de caractère, une façon de réagir. Il le connaissait sans vraiment le connaître, se contentant de ce qu’il apprenait, comprenait, découvrait - parfois - à force de fréquenter Hiraku. Même Thao, qui était pourtant le bon samaritain du japonais, ne devait pas connaître le fin mot de l’histoire. Quoique, dans son cas, rien n’était jamais certain. Après tout, que cela concerne le passé d’une personne ou les manigances d’un vieux riche, son patron possédait largement de quoi en apprendre davantage… Enfin, de toute façon, quoique cela puisse être, le passé d’Hiraku ne le regardait absolument pas - pas plus que celui d’aucun autre hôte de cet établissement, d’ailleurs.

    Car il ne fallait pas se voiler la face. Cas exceptionnels mis à part, aucun hôte de l’Hypnotic Poison n’était là pour le plaisir de l’art ! Être hôte, ce n’était pas comme devenir pilote ou boulanger. On ne se réveillait pas un matin, le sourire aux lèvres, en déclarant qu’on allait faire « prostitué de luxe » plus tard. Ce n’était pas une vocation. Un deuxième choix, tout au plus, guidé par le besoin irrémédiable d’argent ou choisi par facilité. Dès lors, nombreux étaient ceux qui échouaient à l’HP après avoir connu le pire… Abandonné, orphelin, ruiné, rejeté, immigré, peu importe la raison ou le degré de malheur, car en fin de comptes, tous se retrouvaient embourbés dans cette machine à luxure, prisonniers de l’entreprise infernale de Thao. C’était triste, vraiment, et Kaoru se demandait d’ailleurs très souvent ce qui avait bien pût le pousser à venir travailler ici, lui qui était pourtant promis à un brillant avenir dans le monde des tribunaux. Il était jeune, intelligent. Il avait grandi au sein d’une famille modeste mais sans histoires… Comme quoi, la vie n’avait pas son pareil pour dérégler l’ordre établi des choses et pousser les gens dans des situations sans logique réelle !

    - Tu as sans doute raison, concéda-t-il finalement dans un léger soupire.

    Il regarda ensuite le visage et les yeux bleus d’Hiraku s’illuminer à la seule pensée de pouvoir quitter l’Hypnotic Poison. Ce n’était pourtant pas grand-chose : quelques heures de liberté et de total anonymat, tout au plus… Sortir. Cela semblait être la seule chose qui l’empêchait de tomber dans une mortelle dépression, comme si tout son univers somnolait dans l’attente de cette hypothétique libération. Sortir. C’était dans cette joie presque enfantine que Kaoru apercevait le Hiraku de 19 ans, celui qui était bien plus proche dans l’enfant que de l’adulte, celui qui n’aurait jamais dû atterrir dans cet endroit immoral. Enfin. S’il n’avait pas les moyens de l’arracher à l’HP, Kaoru pouvait au moins tenter de rendre son quotidien d’hôte un moins lourd à supporter. Et puis, de toute façon, une petite coupure de temps en temps, ça ne faisait de mal à personne !

    - Merci de t’inquiéter, Kaoru-chan.

    Le remerciement avait été accompagné d’un touché aérien sur sa nuque et d’une légère pression sur sa joue blanche, contact fugace qui malgré l’innocence du geste, lui avait rapidement fait monter le rouge aux joues. En effet, si les bises n’avaient que peu de valeur en occident, au Japon, c’était un geste passablement intime et osé. Généralement, on n’embrassait pas les gens comme ça, sur un coup de tête, même si le baiser restait localisé sur une joue innocente. Maintenant, connaissant la personnalité un peu extravagante du jeune hôte, il n’y avait là aucun moyen de se méprendre, même si le geste en lui-même restait un peu… gênant.

    - Hmpf.

    Malgré les légères rougeurs incontrôlées qui venaient habiller le haut de ses joues, le regard que Kaoru posait sur l’hôte restait doux, prévenant et maternel. Il n’y avait là aucune trace de désir ou de convoitise malvenue et bien qu’Hiraku soit doté d’un physique des plus appréciables, Kaoru savait qu’il ne pourrait jamais le voir comme un partenaire potentiel ni même comme un homme, son étiquette de « gamin capricieux et chieur » lui collant bien trop à la peau pour être si facilement oubliée.

    - Tu devrais faire quelque chose. Pour Thao. Sinon j’m’en occupe, et tu me connais…

    Arquant distraitement un de ses sourcils, Kaoru coula un regard indéchiffrable sur le jeune hôte, partagé entre la pensée que, finalement, Hiraku avait peut-être bien compris à quel point le secrétaire qu’il était s’était épris de son patron et la constatation que ce gamin décoloré était plutôt doué pour changer de sujet, mine de rien.

    - Je ne vois pas de quoi tu parles, ronchonna-t-il finalement, buté.

    Après tout, l’ambiguïté mise à part, c’était une phrase tout à fait anodine, non ? Elle pouvait avoir toute sorte de signification en dehors du fait que… enfin qu’il… pour Thao et que… enfin… De toute façon, comment Hiraku pourrait-il être au courant ?! Personne ne savait rien. Personne et… Néanmoins, dans le cas hypothétique et parfaitement impossible où l’hôte parlait bel et bien de ce que Kaoru pensait qu’il pouvait, peut-être, insinuer, il ne ferait rien. De un, parce qu’il n’avait jamais été de nature battante et que, soyons clair, il ne comptait pas prendre le risque de se faire rejeter - oui, il agissait comme un trouillard, et alors ? - et de deux, parce qu’il était intimement persuadé que ses chances avec son beau gosse de patron avoisinaient gentiment les zéros pointés.
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